Massif de Brenta : une virée ski en Italie pour gravir la Cima Tosa - Canalone Neri

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Le ski de rando est fait d'imprévus, lorsque Kathi et Max Draeger doivent revoir leurs plans à cause de mauvaises conditions météos ils trouvent une nouvelle opportunité en Italie du Nord. Ni une, ni deux, ils prennent la route pour rejoindre le massif de Brenta et se lancent à l'ascension de la Cima Tosa (3173m) avec pour objectif le couloir Canalone Neri...  

_ Texte Max Draeger, traduction Hugues Kervyn.

Un trip ski qui commence mal...

Notre projet initial était de skier des faces nord intéressantes des Alpes suisses, mais ce projet fut anéanti par des prévisions météorologiques trop mauvaises. Comme notre camping-car était déjà prêt et que nous ne voulions pas rester dans le Tyrol du Nord (avec les conditions qui ne semblaient pas très prometteuses) nous avons cherché des alternatives. Et nous en avons trouvé une incroyable : Les montagnes de Brenta en Italie ! Un temps stable pendant trois jours et une ligne de ski, que j'attendais depuis un bon moment, ont rendu la décision facile.

Après un long voyage, un besoin urgent de pizza se fait sentir - Italie oblige - pour nous remettre d’aplomb en prévision de l'aventure qui nous attendait. Tard dans la nuit, nous arrivons à Madonna di Campiglio. Nous avions prévu de monter jusqu'au Refuge Vallesinella en voiture, mais la route étant fermée nous avons du rajouter 40 bonnes minutes de marche à notre trajet.

... très mal !

Tôt le matin, l'alarme met fin à notre courte nuit et nous commençons à marcher dans l'obscurité. À la cabane, nous pouvons enfin commencer à mettre les peaux et nous rendre au Rifugio Casinei (1800m) où nous pouvons voir pour la première fois la longue traversée qui nous attend vers l'ouest jusqu'à la cabane de Brentei. Nous ne nous sommes pas du tout amusés : la neige très molle dans l'après-midi et les pentes encore bien chargées auront raison du moral des troupes.

Trouver la bonne piste à travers les rochers semble être tout sauf facile et, finalement, nous réalisons qu'il y a peut-être un moyen plus facile de monter dans la vallée. Je ne comprends toujours pas pourquoi toutes les descriptions proposent de faire cette folle traversée au lieu de marcher en suivant le fond de la vallée... Nous décidons d'ajuster notre plan pour le lendemain et de faire une deuxième tentative.

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Nouvel itinéraire, nouvelles chances

Nous nous couchons tôt et nous nous levons sans problème, l'excitation est palpable. Un petit déjeuner rapide et nous partons. Après une heure, nous atteignons une section très raide avec une partie rocheuse, mais pas de raison de paniquer : la piste d'été n’a plus de neige et nous montons en baskets.

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Le terrain se redresse et s'enneige ensuite. Nous enfilons enfin nos chaussures de ski, remettons nos peaux de phoque et suivons une piste qui nous mène à un goulet raide de 35°. Les paysages sont grandioses et notre curiosité nous guide rapidement vers le Canalone Neri.

 

Le vallon est entouré de parois rocheuses de 700 mètres de haut qui semblent gigantesque. Trois autres alpinistes, petits comme des fourmis, sont déjà en train de grimper et donnent une échelle au paysage soulignant les énormes distances : la pente est longue d'environ 800 mètres et présente en moyenne une inclinaison de 45° à 50°. Absolument incroyable !

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Nous sommes en quatrième et cinquième position dans le couloir, sept autres skieurs nous suivent. Pour être honnête, je n'aime pas être dans un terrain aussi raide avec beaucoup de personnes car il y a beaucoup plus de dangers autour. Les chutes de pierres, le sluff, etc... Aujourd'hui, tout le monde est attentif et nous sommes tous capables de progresser en sécurité. Merci les gars ! Nous devons rapidement mettre nos skis sur le sac pour commencer à grimper à l'aide des crampons et piolets. Pas à pas, mètres après mètres, nous prenons de la hauteur. Heureusement, nous n'avons pas de mal à nous frayer un chemin dans la neige profonde et molle et nous pouvons garder un peu d'énergie pour la descente exigeante. Soudain, après deux heures de "pas, piolet, pas, piolet, pas, ..." le terrain s’aplanit et nous atteignons le plateau sommital.

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High Five !

Nous ne perdons pas trop de temps à profiter de la belle vue sur la région de la Brenta et nous nous préparons rapidement pour le ski car la prochaine équipe est déjà au sommet.

3, 2, 1, Drop in ! 

Peaux enlevées, chaussures serrées, fixations en mode ski, je fais les premiers virages. Comme d'habitude, j'y vais doucement au début et je vérifie la sensation de la neige sur mes skis.

C'est un terrain difficile où il ne faut pas perdre le contrôle. Même s'il n'y a pas de falaises, toute faute nous emmènerait 800 mètres plus bas. Aujourd'hui, je me sens à l'aise et j'accélère jusqu'à ce que j'atteigne un endroit sûr à la gauche des skieurs. Ensuite, c'est au tour de Kathi que je photographie en train de descendre la partie la plus raide du couloir.

 

La section étroite qui semblait un peu plus difficile pendant notre ascension s'avère relativement facile, puis la pente s'ouvre. La neige est incroyable et il y a encore d'énormes parties poudreuses non tracées, alors je passe complètement en mode freeride. Je prends de la vitesse et je ride le couloir en grands virages. Après la dernière section, un peu plus dure et parsemée de morceaux de glace et de neige tassée, nous quittons le Canalone Neri et skions vers le soleil. Accompagnés d'un sentiment de plénitude et de bonheur, nous skions jusqu'à nos baskets et nous marchons sur la route forestière jusqu'à notre voiture.

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Et maintenant ? Direction le sud, pour quelques jours de repos au bord d'un lac afin de troquer nos skis pour le VTT. #springiscoming ! 

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Kathi & Max Draeger

Photographe professionnel basé dans le Tyrol autrichien, Max se passionne très tôt pour la montagne. Ski, escalade, vélo, alpinisme, chaque sport qu'il pratique ou shoot lui permet de se rapprocher un peu plus de la nature. Il rejoint le team ZAG en 2018, offrant à la marque son oeil aiguisé et ses photos inspirantes des plus belles pentes européennes.