"T'inquiète, ça passe!" Récit d'un trip ski de rando en Géorgie

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Voyage et premières impressions du pays (Samedi 11 et dimanche 12 mai 2019)

Nous sommes quatre potes à partir de Briançon pour 15 jours de freerando dans le Caucase, en Géorgie. L'objectif principal est de skier le mont Kazbek, un sommet culminant à 5047 mètres. Ensuite, nous voulons skier sur les montagnes environnantes où les possibilités semblent infinies et les pentes magnifiques. Et bien sûr, le ski n'est pas le seul intérêt d'une telle destination où nous nous attendons a être sacrément dépaysés!

Nous n'avons pas été déçus : à peine sortis de l'avion, les chauffeurs de taxi qui se jettent sur nous nous mettent dans l'ambiance. Nous retrouvons finalement Georges, notre loueur de voiture avec le 4x4 que nous avions réservé avant de partir. Mais le véhicule a quelques soucis de freins, Georges nous en propose donc un autre flambant neuf et super puissant, bien plus tape-à-l'oeil que prévu. Ça commence bien! 

Une fois notre équipement chargé à bord de notre bolide (un mélange entre une voiture de course et un tank) nous prenons la route pour Stepantsminda, un village à la frontière Russe et au pied du Kazbek. La conduite en Géorgie est quelque chose d'assez flippant. Tout ce qu'on a pu faire en montagne pendant ce trip ne fera jamais aussi peur que les trajets sur les routes géorgiennes. Les locaux roulent vraiment vite, se doublent n'importe où, n'importe comment, les poids lourds se dépassent sur des routes de montagne, dans des virages, ils se croisent à trois de front même s'il semble n'y avoir de la place que pour deux... Mais bizarrement, la majorité du temps ça passe! Beaucoup de voitures n'ont tout de même plus de pare-choc... 

Nous arrivons finalement sains et saufs à Stepantsminda et nous nous installons dans la charmante auberge "Nazi" (du nom de sa propriétaire) avant d'aller goûter les spécialités locales. Nous allons dans le premier petit restaurant que nous trouvons, le « Kazbegi Good Food ». Ça ne paye pas de mine, mais pour environ 5 euros par personne la table déborde d’assiettes. Je crois qu'au bout des 15 jours on a à peine réussi à tester toute la carte! La nourriture locale n'est pas des plus délicates mais en rentrant de montagne, qu'est ce que c'est bon! On se souviendra des Khinkalis, sorte de gros raviolis délicieux, et de l'Adjarian Khachapuri, une "tartine" avec une base de crème, du fromage, un œuf et une tranche de beurre fondue par dessus, de la graisse à l'état pur...

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L'architecture locale nous a également pas mal marqués. Quelques très vieilles ruines, des châteaux et des tours datant parfois du moyen-âge, mais aussi de nombreux bâtiments soviétiques à l'abandon, d'immenses constructions en béton désaffectées et franchement glauques. Quant aux maisons, elles ont souvent l'air d'être construites à la va-vite, même les plus récentes, et tombent parfois en ruine avant même d'avoir fini d'être construites. Elles sont toutes reliées à un système extérieur de distribution de gaz qui donne l'impression qu'une petite fuite risquerait de faire exploser tout le pays d'un seul coup!

En gros, on a eu le sentiment que tout dans ce pays, de l'organisation à l'architecture, en passant par la conduite et la nourriture, était fait "à l'arrache" et que la devise nationale devait se résumer à "t'inquiète, ça passe!". Ce mode de vie surprend en arrivant, voire effraie un peu, mais est finalement plutôt agréable, en comparaison avec nos pays occidentaux bien cadrés, normés et policés. Mais la Géorgie se développe rapidement en ce moment, et s'occidentalise aussi beaucoup en cherchant à se détacher de la Russie et de son passé soviétique. Les choses risquent de pas mal changer ces prochaines années...

Exploration de la région et préparation de l’ascension du Kazbek (Lundi 13 mai)

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Pendant notre première journée à Stepantsminda la météo est censée être plutôt mauvaise, alors on décide de se reposer après les deux jours de voyage. On se laisse dormir le matin, et le temps de prendre le petit-déjeuner la pluie s'arrête et les nuages s'en vont. On choisit donc d'aller faire un tour dans les vallées alentours pour se faire une idée du potentiel de ces montagnes, et repérer des faces à skier pour le reste du trip. On se dirige vers Juta, un petit village au fond d'une vallée, dominé par le Mont Chaukhi. C'est une montagne superbe, aux parois verticales plâtrées de neige fraîche et entrecoupées de couloirs raides et étroits. Voilà déjà un endroit où l'on est sûrs de revenir traîner nos spatules et nos peaux de phoques!

Nous continuons ensuite la piste sur quelques kilomètres vers le fond de la vallée, jusqu'à être bloqués par la neige. De là, nous remarquons sur ce site d'autres faces, d'autres montagnes... Mais dans cette région du monde le climat est plus continental qu'en Europe occidentale et en mai il fait déjà très chaud. La limite de la neige est déjà assez haute et on se rend compte qu'il faudra sûrement marcher un peu avant de pouvoir entendre le clac de chaussage de nos fixations. De plus des avalanches de neige lourde ont déjà ravagé les faces les plus exposées au soleil. Il faudra être prudent car la sécurité est primordial dans notre activité.

Nous retournons à Stepantsminda, des idées plein la tête pour la suite du séjour Il faut d'abord nous concentrer sur notre objectif principal, le Mont Kazbek, surtout que la météo s'annonce excellente les jours suivants. Il faut en profiter! Nous allons essayer de glaner quelques informations à la maison de la montagne locale par rapport à l'itinéraire et à la nivéologie. L'endroit ne fait pas envie, le bâtiment est délabré, les murs recouverts de dessins et d'inscriptions. La personne qui est là nous accueille très froidement. Nous lui achetons tout de même deux cartes de la région avant de lui demander quelques conseils. Il nous informe qu'il y a bien un refuge au pied du Kazbek, ouvert et gardé, mais qui ne propose ni repas, ni couvertures, ni chauffage, pour quinze euros la nuit. Ça sera donc bivouac! Il nous indique également une source à mi-chemin entre le parking et le bivouac, ce qui nous permettra de partir un peu plus légers et de ré-remplir nos bouteilles en cours de route.

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Nous allons ensuite faire quelques courses pour les 3 jours de bivouacs à venir avant d'aller courir au dessus de l'auberge histoire de nous dégourdir les jambes. Nous montons jusqu'à la Gergeti Trinity Church, un haut lieu touristique local. L'église domine la ville depuis le pied du Kazbek. L'endroit est magnifique et nous avons un superbe point de vue sur ce qui nous attend les jours suivants. Pour le choix de l'itinéraire, nous nous étions renseignés avant de partir et nous hésitons encore entre deux options: la voie normale, longue et peu technique, et la face sud-est, plus directe, qui monte droit au dessus du refuge et bien visible depuis la ville. C'est une grande face de 1000 mètres de haut avec une pente qui varie entre 40° et plus de 50°. Le haut de la pente est souvent en glace ce qui peut rendre l'ascension plus ardue. Mais ce que nous aimerions surtout, c'est la redescendre à ski, et pour cela il faut que les conditions soient parfaites : s'il n'y a pas assez de neige, la pente est en glace et donc inskiable, s'il y en a trop et que le vent a soufflé le risque d'avalanche est trop important. Nous regardons la face avec nos jumelles et nous pensons que ce jours-ci les conditions sont réunies ; une plaque de glace affleure au milieu de la face mais il semble qu'en restant sur le bord ça puisse passer. On se laisse rêver au hold-up, tout en repérant d'autres itinéraires de descente en cas de mauvaises conditions. La face sud semble proposer une belle descente à ski plus sûre, un bon plan B.

Une longue et fatigante approche (Mardi 14 mai)

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Après un repas sans aucune modération au Kazbegi Good Food la veille et une bonne nuit à l'auberge Nazi, nous partons pour le Kazbek. Nous montons à nouveau à la Gergeti Trinity Church, point de départ de l'ascension, mais en voiture cette fois. La route qui y mène est flambant neuve, remplaçant l'ancienne piste en terre, synonyme du développement touristique du pays. Mais bien que neuve, elle s'effondre déjà, des glissement de terrains ont par endroit emportés la moitié de la chaussée, les murets sur les bas-côtés s'écroulent, on slalome entre les arbres tombés sur la route...

Depuis le parking nous marchons seulement cinq minutes avant de pouvoir chausser les skis, et nous voilà partis pour une longue journée. Jusqu'au bivouac, 1600 mètres de dénivelé et 11 kilomètres nous attendent. Dans nos sacs nous avons tout le matériel d'alpinisme nécessaire pour l'ascension ainsi que de quoi bivouaquer 3 jours : tentes, duvets, nourriture... Ça en fait du poids, sans compter qu'il fait chaud. 

Après déjà plusieurs heures, nous arrivons au niveau de la source. Comptant sur le fait que l'on puisse recharger nos bouteilles, nous n'avions pris que peu d'eau et nous avions déjà presque tout bu. Seulement, le gars qui nous l'a indiquée, en plus d'être très peu aimable, n'a sûrement pas remis les pieds ici depuis longtemps. Il n'y a pas de source, en tout cas pas à cette saison. Elle est certainement quelque part sous la neige ou encore gelée... Il nous reste donc encore 800 mètres de dénivelé jusqu'à ce qu'on puisse poser le camp et faire fondre de la neige.

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On s'arrête finalement sur le glacier, un peu au dessus du refuge, vers 3850 mètres d'altitude. On trouve un gros bloc sous lequel abriter notre campement pour le groupe. Cette journée nous aura déjà bien fatigué mais la journée du lendemain s'annonce parfaite, on ne veut pas louper ce créneau ! Le temps de monter les tentes, de préparer à manger, de faire fondre de la neige pour faire de l'eau, nous nous couchons vers 22h. Le réveil est programmé pour 3h. La nuit va être courte, sûrement mauvaise, demain on va en chier !

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Le jour J: Le sommet (Mercredi 15 mai)

Après un petit déjeuner rapide, nous partons pour la face sud-est. Il nous reste 1200 mètres de dénivelé jusqu'au sommet. La nuit est claire, étoilée, au loin on aperçoit un orage, les éclairs illuminent les montagnes à l'horizon, le paysage est incroyable. Les 400 premiers mètres se font assez rapidement, skis aux pieds. Nous atteignons le bas d'un couloir issu de la face sud-est. De là nous mettons les skis sur le sac et le reste de l'ascension se fait en crampons et piolets. 

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Notre rythme ralentit nettement, l'altitude se fait ressentir, le petit-déjeuner passe mal et l'eau gèle dans nos bouteilles, nous empêchant de boire correctement. Seul Luka semble être en pleine forme, il fait donc la majeure partie de l'ascension devant.

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Au fur et à mesure de la montée, nous remarquons que la face est effectivement bien enneigée, la glace est loin en dessous, c'est plutôt bon signe ! Comme nous avions vu depuis le bas, seule une plaque de glace est visible au centre, mais facilement évitable. En revanche la neige a été soufflée, elle est croûtée, et il y a une grande plaque fragile au centre de la face. Il serait possible de la descendre à ski mais ça ne serait pas agréable, voir dangereux, surtout que sur cette pente la chute n'est pas une option. Et avec la fatigue et l'altitude, on opte finalement pour la face sud.

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On savoure quand même un peu de la vue depuis le sommet, le temps est magnifique, on peut voir à des centaines de kilomètres à la ronde. C'est magnifique! On chausse les skis directement, ce qui est déjà une chance. Même le versant le moins raide est souvent en glace sous le sommet. Nous faisons quelques courbes coté russe, avant de basculer de nouveau en Géorgie dans la face sud. La neige a un peu réchauffé au soleil, la descente se fait en grandes courbes, un vrai bonheur avec nos UBAC! Nous rentrons au camp ravis nous reposer après cette grande journée. On fait la sieste, on bronze, on fait fondre de la neige, on s'occupe et on se la coule douce... La simplicité du bivouac en montagne!

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Randonnée au dessus du camp et retour au village (Jeudi 16 mai)

Après une nuit bien meilleure et un réveil plus tardif nous décidons de faire une petite rando au dessus du camp avant de redescendre. On a repéré un petit couloir le long du glacier, surplombé par des séracs très esthétiques. Pierre-Louis puis Nikky nous lâchent rapidement, fatigués de la veille, nous continuons avec Luka. Il fait très chaud, même à 4500 mètres. Nous skions finalement le couloir, l'endroit est superbe mais il ne faut pas trop s'y attarder. De retour au camp nous plions les affaires et c'est parti pour le retour. Les discussions portent désormais principalement sur le repas du soir. La descente aura été plus longue et compliquée que prévu, il fait trop chaud et la neige colle énormément. Nous arrivons à la voiture épuisés de ces 3 jours mais contents d'avoir réalisé notre objectif principal du voyage !

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Profiter avant le mauvais temps (Vendredi 17 et samedi 18 mai)

La météo s'annonçant plus mitigée à partir de dimanche, on se dit donc qu'il faut profiter des journées de beau temps et qu'on se reposera plus tard.. Le vendredi on part pour une petite rando au Jvari Pass, un col au dessus de Stepantsminda, qui permet de démarrer skis aux pieds de la voiture. La balade est jolie mais encore une fois la chaleur rend la neige très collante. Une petite pente sur le haut nous aura tout de même permis de faire quelques beaux virages, et la région est tout de même magnifique ! Le lendemain nous décidons d'aller skier un couloir que nous avions repéré le premier jour dans la vallée de Juta. La sortie s'annonce longue mais belle, l'orientation du couloir et son altitude, à près de 4000 mètres, nous laisse penser que la neige y sera bonne. On se réveille tôt, pour chausser les skis au lever du jour. Nous reprenons donc la même route qu'en début de semaine, garés au même endroit, mais entre temps un petit camp militaire s'est installé le long de la route. La frontière avec la Russie est toute proche et la situation entre les deux pays assez tendue. Le temps d'enfiler les chaussures de ski, un militaire armé arrive, nous demandant de repartir. Le fond de la vallée est désormais interdit d'accès. Nous avions repéré d'autres itinéraires, d'autres sommets, mais tous dans ce coin. Il n'y a même pas d'option de repli. Ça fait partie du folklore local mais nous rentrons tout de même un peu dépités à l'auberge. Et avec un pneu crevé en prime. Heureusement, il y a toujours le Kazbegi Good Food !

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Repos, tourisme, et réparation de pneu (Dimanche 19 et lundi 20 mai)

Le mauvais temps est arrivé, il pleut, on peut enfin se reposer. On dort, on joue au backgamon à l'auberge, on mange. On en profite également pour visiter la région. Pas de chance, le musée de la ville est fermé pour cause de travaux. Les nombreux châteaux et les tours de la région ne se visitent pas non plus. Nous allons voir quelques cascades, puis surtout nous cherchons à faire réparer notre pneu crevé. Après avoir fait le tour de plusieurs garages et pompes à essence, en tentant d'expliquer notre problème en géorgien, nous finissons par trouver, dans un petit bâtiment en béton délabré, le réparateur de pneus de la vallée. Sur la porte en métal est gravé à la main un dessin de pneu et quelques mots en russe qui semble vouloir dire « réparation de pneus ». L'endroit, le personnage, son atelier, tout ici est mythique. Il ne parle pas un mot d'anglais. On lui tend notre pneu, il le répare en quelques minutes puis écrit sur le mur « 30 lari », soit 5 euros.

Bivouac au Chaukhi (Du Mardi 21 au Jeudi 23 mai)

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La météo pour la suite de la semaine s'annonce plus calme. On n'aura pas le grand ciel bleu de la première semaine mais tant pis. Nous retournons au village de Juta. Si l'on ne dépasse pas le village l'accès est autorisé, et même très touristique. Nous marchons une heure pour atteindre le pied des faces du Chaukhi. Nous y trouvons un petit lac entouré de trois cabanes. La première est toute neuve, bien construite et aux finitions appliquées. La seconde est encore en construction et pourtant elle s'effondre déjà. Et la troisième n'est constituée que d'un toit. Nous plantons donc les tentes en dessous pour protéger le camp du vent et de la pluie, l'endroit est parfait. Le lendemain nous montons faire deux petits couloirs sur les pentes du Chaukhi. Ils sont courts mais raides, et le cadre est incroyable. C'est un petit massif aux parois verticales très imposantes, et les couloirs y sont comme coupés au couteau.

De retour au camp Pierre-Louis tente un water-slide sur le lac. Ce n'est pas un franc succès mais on se sera bien marrés ! On finit par jouer sur les bouts de glace qui restent sur le lac et on termine tous à la flotte à un moment ou à un autre de la journée. Pour le dernier jour de ski du trip nous avons gardé le couloir principal du massif. En y montant nous tombons sur des traces d'ours à quelques centaines de mètres de nos tentes. C'était un danger qu'on n'avait pas vraiment anticipé... Heureusement, c'est le dernier jour. On arrive en haut du couloir par une brèche. Le couloir est large mais très raide. On se lance dedans. Une petite couche de neige fraîche rend les premiers virages plutôt agréables. Puis la pente s'accentue, et la neige devient très dure. Il faut faire vraiment attention mais l'ambiance est dingue ! Une vraie descente exposée, du grand ski, et une super façon de terminer ce trip !

Retour à Tbilissi (Vendredi 24 mai)

Notre vol retour est le samedi matin très tôt. Nous devons donc être à Tbilissi le vendredi. Après la route du retour avec bien sûr son lot d'actions inattendues nous prenons la journée pour visiter la ville. Les parcs, les rues, les églises, les châteaux... et la gastronomie ! Il faut profiter de notre dernière journée pour faire le plein de plats typiques ! On pousse le repas jusque tard dans la soirée puis on prend un taxi directement pour l’aéroport. On y arrive vers minuit, le check-in est à 3h. On sort duvets et matelas de sol et on fait les clochards en attendant de décoller.

De ces deux semaines on gardera de supers souvenirs, on aura découvert une culture et un mode de vie tout à fait nouveau, on aura vu des paysages immenses et sauvages. On aura réussi à skier le Kazbek dans des conditions exceptionnelles. Et pour le reste on aura eu quelques déconvenues mais c'est aussi ce qui fait l'aventure ! La Géorgie est une destination géniale, qui nous aura totalement conquis, et pourquoi ne pas y retourner en plein hiver pour y trouver de la poudreuse ?! 

 

Texte: Baptiste Baudry

Photos: Luka Leroy