pixel

Skier de la poudreuse fin juillet : le rêve Yukon

Par Claude Vallier le 02/01/2017

Au Yukon, territoire au nord-ouest du Canada, frontalier avec l'Alaska, les étés sont courts et intenses et les hivers longs et rudes. En cette fin du mois de juillet, l'été yukonnais n'est pas complètement fini, même si les beaux jours sont derrière nous. La nuit fait son retour après quelques mois de journées sans fin.
Il est temps de faire un dernier petit trip de ski de rando "estival". Pour cela, direction le massif des monts Saint-Elias, immense chaine de montagnes au nord du golf de l'Alaska.

 

  

 

Ici tout est démesuré : les sommets hauts de 6000 mètres, la taille des glaciers et les quantités de neige.
La région est seulement accessible en été, tellement les conditions hivernales sont inhospitalières. À partir de la mi-aout, les tempêtes de neige seront de retour avec des vents violents et des températures polaires. Nous allons donc profiter d'un des derniers créneaux météo.


Comme pour toute aventure dans la région, le trip commence par un petit vol en avion de 50 minutes qui permet d'apprécier l'immensité et la beauté des lieux. Depuis les rives du grand lac Kluane, jusqu'au coeur du massif, nous survolons une multitude de pics sans noms et nous suivons des glaciers énormes pour rejoindre les hauts plateaux glaciaires.
Après un atterissage tout en douceur sur un glacier à 2800 mètres d'altitude, l'avion est vite déchargé et on dit Good-bye au pilote Captain Tom. Une fois l'avion reparti, l'aventure commence, rien autour de nous, pas une trace, pas un bruit, il faut bien quelques minutes pour réaliser où nous sommes vraiment.

 

 

 

Même si je viens ici plusieurs fois chaque année, je suis à chaque fois émerveillé par ces paysages incroyables. Dans cet environnenemt composé à 80% de neige et de glace, avec des sommets aux tailles impressionnantes. A titre d'exemple, le Mont Logan atteind les 5959 m d'altitude et la crête sommitale est longue de plus de 16 kilomètres ! Nous perdons facilement nos repères et les distances sont parfois difficiles à appréhender.

 


Le camp est vite monté, il est temps d'aller skier ! 
Nous passons plusieurs jours à explorer les environs. Nous avons une mission, trouver les meilleurs itinéraires, en effet, ici tout reste à découvrir.

 

Les sommets que nous gravissons sont d'altitudes modestes, aux alentours de 3500 mètres d'altitude, mais la latitude compense l'altitude et les ambiances sont incroyables. En face nord, la neige est poudreuse et les
virages sont délicieux, en face sud, la neige de printemps est un régal. 

 

La plupart des sommets que nous avons skié ne sont pas nommés sur les cartes, nous nous laissons guider par les conditions de neige, la sécurité et l'esthétique des pentes. Nous sommes en terrain glaciaire, il ne faut pas trop se laisser griser par les paysages et la qualité de la neige. Restons vigilant, les crevasses sont présentes un peu partout, mais les belles pentes ne manquent pas.

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Même si les journées ont déjà bien raccourci, les coucher de soleil sont encore interminables.
Après quelques journées bien remplies et quelques belles descentes, mission accomplie... nous redescendons dans la vallée avec la tête pleine de projets. C'est sûr, je reviendrai bientôt !

 

Coucher de soleil sur le mont Hubbard 4557 mètres

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Claude Vallier, skieur français originaire du Grand-Bornand, installé au Yukon dans le nord-ouest du Canada. Explore les pentes du Yukon et d'Alaska depuis 8 ans.

www.yukonbackcountryskiing.com